conseils pour zazen

comment exercer zazen [1]

Le lieu d’exercice doit être situé dans un endroit aussi calme que possible; il ne doit être ni trop éclairé, ni trop sombre ; il doit être chaud en hiver et frais en été. Faites attention à tenir la pièce sans courant d’air ni fumée; tenez-la propre et nette. En d’autres termes, essayez d’y créer une atmosphère de paix, non soumise aux changements, un endroit  qui peut toujours être disponible à l’exercice du zazen (…) Ainsi créons-nous l’ambiance de notre exercice.

Le lieu du zazen mérite du respect. C’est pourquoi, nous saluons avec les mains jointes (gassho), lorsque nous y  entrons. Gardons toujours le climat de ce lieu qui nous rend possible l’exercice du zazen.

Comment s’asseoir ?

Posons un zaniku [2] devant un mur et mettons-y un zafu [3] 

Asseyez-vous sur le zafu et croisez les jambes. Posez le pied droit sur la cuisse gauche et vice versa. C’est là la posture du plein lotus.

Si vous ne pouvez pas croiser les jambes de telle manière, posez alors le pied  gauche sur la cuisse droite [ou inversement] : c’est alors le demi-lotus.

 sur le zafu, rien ...                          sous le zafu, pas de sol ... 

lotus plein                                            demi-lotus

Ne vous asseyez pas au milieu du zafu ; celui-ci doit rester libre en grande partie. Vos genoux reposent solidement sur la couverture. Le poids du tronc doit être en appui sur trois endroits : vos deux genoux sur le zaniku et votre postérieur sur le zafu.

Asseyez-vous droit et étirez le dos comme si vous vouliez enfoncer le postérieur dans le zafu. Tenez votre nuque droite et rentrez le menton. Fermez la bouche et pressez votre langue contre la partie dentopalatale. La langue doit combler tout espace vide de la bouche. Poussez votre tête comme si vous vouliez crever le plafond.

Vos oreilles doivent s’aligner sur vos épaules; votre nez doit être dans l’axe du nombril ; laissez vos yeux ouverts normalement ; regardez le mur, puis baissez quelque peu votre regard.

Lorsque vous êtes installé en posture zazen, ouvrez votre bouche et expirez profondément : par là, vous changez tout votre tonus.

Pour se défaire de la raideur des articulations et des muscles, balancez-vous lentement deux ou trois fois de gauche à droite. Seulement ensuite, prenez une posture immobile.

Dès à présent, respirez tranquillement par le nez. Il est important de respirer naturellement, de garder votre rythme habituel, que votre respiration soit rapide ou lente.

Expirez le plus naturellement à partir du tanden. [4]

En respirant profondément, ne faites pas de bruits. Voici les paroles de Maître Dôgen :

 » Mon Maître Tendo disait :

La respiration passe par le bas-ventre. N’essayez surtout pas de comprendre d’où elle vient. Vous ne devez pas chercher intentionnellement à obtenir une respiration rapide ou longue. Il en est de même lorsqu’elle quitte le bas-ventre : n’essayez pas de savoir où elle va. De toute façon, on ne peut pas dire si le rythme de la respiration est rapide ou lent. » (…)

La posture zazen, ci-dessus décrite, peut être considérée comme une découverte unique de l’Orient puisqu’elle est la plus efficace pour éloigner de nous nos pensées personnelles et humaines.

Cela peut être compris facilement si nous comparons la posture zazen avec celle du « Penseur » sculpté par Rodin. La dénomination de penseur est bien polie mais son attitude est celle d’un homme qui rêve de ses « illusions ». Le tronc est penché en avant ; les bras et les doigts sont pliés et les orteils mêmes sont recourbés.

Si nous nous tenons ainsi crispés, notre sang se fige, nous devenons prisonnier de notre imagination et nous ne pouvons nous sentir libre.

Au contraire, en zazen, tout en nous reste droit : le tronc, le dos, et la tête. Notre bas-ventre repose détendu sur les jambes bien croisées; de cette manière, le sang décongestionne le cerveau et circule librement vers le bas-ventre. A cause de ce dégagement de la tête, aucun encombrement ne vient nous troubler, notre irritabilité diminue et il nous devient impossible de nous laisser aller à la fantaisie et à la rêverie. C’est pourquoi, il est très important d’avoir, en zazen, une attitude très correcte. Cela est décisif et tout le reste en dépend. (…)

Si votre posture zazen est correcte, alors le point de gravité de votre corps et de votre esprit tombera tout naturellement dans le tanden, surtout si votre respiration est bien régulière. Pour le reste vous devez respirer normalement.

Alignez-vous sur cette posture ! Mais ce n’est pas aussi simple en pratique. Si, quoique étant en posture zazen, vous continuez de penser, alors vous pensez et vous n’êtes pas en zazen ; ou bien, si, quoique étant en posture zazen, vous somnolez, alors vous dormez et vous n’êtes plus en zazen. Zazen n’est ni penser, ni dormir mais c’est tendre vers un zazen vivant. Si vous somnolez pendant le zazen, votre énergie s’effrite et votre corps se tasse. Si, par contre, vous ne vous libérez pas de vos pensées, votre posture se raidit. Zazen signifie : éviter les extrêmes ; il ne faut ni relâchement assoupi, ni crispation. En revanche, il doit contenir plénitude de vie et d’énergie. (…)

Notre force de vie ne doit être ni relâchée, ni trop tendue. Ce qui importe le plus, c’est qu’elle reste entièrement en état d’éveil. Zazen est l’aspect de la vie la plus condensée en plein éveil, dans sa forme la plus directe et la plus pure. Il est facile d’en parler mais il est très difficile d’y persister.

Une fois de plus, si nous sommes en zazen nous ne devons pas somnoler ou nous perdre dans nos pensées ; nous devons être totalement éveillés et tendre « avec chair et os », c’est à dire de toutes nos forces, à la juste posture.

Pourrons-nous l’atteindre jamais ?

Sommes-nous en droit de dire qu’il y a une accession ou un but final ?

Non ! Car en ceci, précisément ici, le zazen est unique. Bien qu’il nous soit nécessaire d’y tendre et de toutes nos forces, nous n’arrivons jamais au point final. Autrement dit l’homme qui est assis en zazen ne saura jamais s’il a atteint son but ou pas.

Celui qui pense : « Mon zazen est vraiment très bien » ou « Enfin, je viens de l’atteindre ! », celui-là se l’imagine seulement et précisément de ce fait, il dévie de sa réalité zazen.

Y a-t-il vraiment dans cette inaccessibilité une telle contradiction ? La plupart des gens pensent que, là où il y a une visée, il y a aussi un but final. Là où il n’y a pas de but, personne n’essaye de faire d’efforts. C’est la réaction habituelle, le comportement usuel de l’être humain de se fonder sur le calcul logique.

Ici pourtant, assis en zazen, vous devez vous dépouiller de tous les calculs auxquels vous êtes habitués dans votre commerce avec les autres.

« Zazen est le Soi-même qui bâtit le Soi-même dans le Soi-même. »

« Zazen fait le zazen. »

Extraits de « Réalité du Zen » de Maître Kôsho UCHIYAMA

 


[1] ZAZEN : méditation (zen) assise (za)

[2] ZANIKU : appelé aussi Zabuton, c’est une couverture d’un mètre carré environ, de coton surpiqué

[3] ZAFU : coussin rond et dur bourré de kapoc

[4] TANDEN : zone placée à environ trois centimètres au dessous du nombril

© Groupe de Méditation Zen de Marseille

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Maître Gudo Nishiyama



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