immergence – vacuité – action

Le terme de méditation pour désigner  zazen est une facilité de langage, mais n’est pas tout à fait juste. Uchiyama Roshi et son disciple occidental (et traducteur) François Viallet préféraient la notion d’immergence.

Car zazen pourrait être comparé au naufrage du petit moi, permettant ainsi l’émergence de la véritable nature. Ce ressourcement n’est pas conditionné par des artifices culturels, sociaux ou éducatifs. Dans sa vraie nature, l’être est nu. Il ne repose sur rien d’extérieur à lui-même. Son équilibre ne dépend pas de son environnement, êtres ou objets extérieurs. La vraie nature, toujours présente, n’apparaît cependant que lorsque l’être s’est vidé de ce qui ne lui appartient pas en propre : il révèle alors sa richesse profonde et innée.

Lorsque l’équilibre ne dépend pas de conditions extérieures, mais du fond de l’être même, l’énergie de vie, potentiellement présente, peut alors librement s’exprimer dans l’action. Les activités entreprises ne sont plus troublées par des événements contingents, car la racine même de l’action est profondément ancrée dans l’être qui n’est plus séparé des objets extérieurs.

Ce ne sont pas alors des activités aléatoires qui épanouissent l’être : c’est l’être épanoui dans sa vraie nature qui s’exprime par des activités diverses. Ainsi le vide n’est pas néant, mais vacuité qui ouvre toutes les portes à l’expression de l’énergie vitale.

Paroles : 

Les pensées se suivent sans cesse ; l’une est passée, l’autre passe, une autre arrive encore : elles s’enchaînent sans jamais s’arrêter, mais si un seul instant, cette chaîne se brise, votre corps absolu s’éloigne immédiatement de votre corps de chair et, dans la succession des instants ultérieurs, aucune pensée ne peut plus se fixer sur le moindre phénomène… La pensée qui d’instant en instant, ne s’arrête sur le moindre phénomène est libre de tout lien… Ne pas souiller les objets, voilà le sans pensée. Se détacher des objets dans sa propre pensée sans produire d’autres pensées sur les phénomènes, c’est, sans le moindre jugement, abolir la pensée.

Hui-neng (Enô), VIème Patriarche du Chan

Où trouverait-on de la poussière ?

 

Quoique dans l’éveil la pensée et ses objets apparaissent et disparaissent au sein de la quiétude, comme il s’agit là d’un domaine qui se suffit à lui-même, ils ne dérangent pas une apparence.

Dôgen, Ier Patriarche du Zen Sôtô

 

© Groupe de Méditation Zen de Marseille



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