• Accueil
  • > Archives pour novembre 2008

Archives pour novembre 2008

La pratique du zen, comme toute voie issue du bouddhisme, a une finalité bien spécifique, même si la méthode employée n’a pas pour objet l’acquisition ou le profit. D’une part, et par essence, c’est une voie de l’être et non de l’avoir  ; d’autre part, la nature  profonde de l’homme, appelée nature de Bouddha, lui est originelle et n’est donc pas à acquérir ; enfin cette nature, fondée sur l’impermanence, n’étant que vacuité, n’offre aucun objet à retenir.   La seule finalité reste donc celle d’une qualité d’être sans souffrance existentielle, sans souffrance morale qui serait causée par l’attachement à un avoir. La prise de conscience de cette cause de la souffrance recèle les moyens d’y échapper. La compréhension de l’inexistence d’un moi fixe, illusoire, qui n’est que la rencontre ou l’agrégation, le temps de la vie, d’éléments épars incite à renoncer à toute idée de possession sans limite. 

C’est d’abord, chez le pratiquant, une compréhension intellectuelle, mais celle-ci ne suffit pas. Il faut encore qu’elle soit intégrée, « digérée », par le corps et par l’inconscient pour devenir une réalité de vie. Le seul outil est le lâcher prise du sentiment d’un Moi individuel, et donc de l’idée de possession, de l’idée de division ou de séparation. 

L’éveil n’est que réveil à la réalité déjà présente, sans distance créée dans l’espace ou le temps. C’est la vision fraîche de l’unité du corps et de l’esprit, mais aussi de tous les êtres et de leur environnement.  Le lâcher-prise conduit à se libérer de l’idée de tout support permanent, de tout modèle préexistant, de tout cadre mental qui pourrait limiter les multiples aspects de l’existence. Vivre l’ici et maintenant, ce n’est pas rester confiné dans l’instant présent, c’est au contraire vivre dans tous les lieux et dans tous les temps ; c’est abolir l’illusion d’un ailleurs impossible, lequel est plus souvent source de frustration, de culpabilité ou de sentiment d’échec plutôt que de réconfort.  Pour le zen, la réalité ultime est révélée dans chaque acte ordinaire. Pour connaître cet éveil, il suffit de pénétrer sincèrement une seule pratique, sans avoir à se disperser. Cela ne dépend pas de la durée de la pratique, mais bien de l’intensité du lâcher prise  immédiat. 

Un des plus anciens textes zen déclare que la Grande Voie n’est pas difficile, car il suffit de ne pas choisir. On retrouve, là, la notion de non-discrimination mentale, de perception immédiate et d’action juste qui en découle. Encore faut-il que cette attitude soit spontanée et non le résultat de l’adoption de principes, d’une philosophie, de règles éthiques particulières, car ce serait retomber dans les pièges de l’intellect. La juste pratique ou, dit autrement, la pratique, quand elle est juste, devient inconsciente. Le lâcher prise issu de la pratique devient naturel. Celui qui se définirait autrement que comme homme ordinaire, par exemple comme un pratiquant du zen, serait instantanément hors de la voie qu’il prétend suivre. 

Le zen a toujours insisté sur la simultanéité de la pratique et de l’éveil. La pratique elle-même est éveil. C’est pourquoi, il n’y a rien à rechercher, sinon à ÊTRE totalement sincère dans sa démarche. Tant qu’il y aura de la demi-mesure dans le lâcher prise, il n’y aura pas de véritable zen. Une infime retenue dans ce domaine et vous serez à des années lumières de la vraie nature.  Le zen est le trou noir des auberges espagnoles : on y trouve autant que ce que l’on y abandonne ! Autant d’ÊTRE que ce l’on y abandonne d’AVOIR…., bien sûr ! 

Outre la sincérité profonde, la pratique du zen demande un courage persistant. La pratique dans le bouddhisme a souvent été décrite comme le retrait d’un tapis confortable et moelleux sous les pieds du pratiquant qui se retrouve, tout à coup, à marcher dans le vide. Et l’on sait combien le zen retire brutalement ce tapis et cause la frayeur de certains adeptes. 

Se trouver, en effet, totalement libre, sans repères, sans préjugés, sans certitudes, sans illusions, sans dogme et même sans éthique prédéfinie est une expérience vertigineuse. Tous ces domaines n’appartiennent effectivement qu’à l’univers mental et à ses constructions qu’il est demandé de lâcher totalement.  La grande question devient, notamment pour des occidentaux : quels sont les gardes-fous, les principes moraux, l’éthique de vie ? Le bouddhisme est-il un anarchisme moral où chacun est livré à lui-même ou se sent libre de faire ce que bon lui semble ?  En fait ces questions ne peuvent être posées que dans le cadre d’une réflexion intectuelle ou morale  ; elles restent dans le champ de la discrimination intellectuelle. 

Le discernement entre le bien et le mal, notamment – pour autant qu’il soit possible de prévoir à l’avance quelle action peut être bonne ou mauvaise dans ses effets, ce qui suppose déjà une immensité de sagesse pour démêler la complexité des interactions possibles et de leurs développements – est le résultat des choix effectués dans un cadre dualiste.   

Or, grâce au lâcher prise et à l’inexistence constatée du moi, l’action se fait dans l’unité, au-delà des notions de bien, de mal ou de neutralité : un acte fait dans la conscience naturelle et immédiate de l’unité, de la non-séparation des choses et des êtres, ne peut avoir pour objet de nuire à cette unité, à ces choses ou à ces êtres.

Le comportement éthique en accord avec l’ordre naturel devient spontané, sans besoin d’un apprentissage ou d’une acquisition particulière. Il se fait par empathie et exprime la compassion. Sans éveil simultané, la pratique d’une morale ne correspondrait qu’à se soumettre à des préceptes nécessitant beaucoup d’efforts, de la culpabilité et qui pourraient être abandonnés dès lors qu’ils n’apporteraient pas les fruits attendus ou seraient mis à mal par une réalité trop dure. 

Seule l’éthique naturelle surgie des fondements même l’être, survit aux obstacles, aux échecs ou aux souffrances. Mieux encore, la pratique juste dans le lâcher prise ne connaît pas les obstacles, les échecs ou la souffrance nés de l’ego et de son instrument mental ; le comportement moral établi sur ces bases reste solide, quel que soit l’environnement et les circonstances.   

shunryu suzuki à propos des sons

 

 quand le bruit n’est plus qu’un son, il n’est pas différent du méditant

 Image de prévisualisation YouTube

rencontre avec éric baret

le tantrisme shivaïste du Cachemire a des sources communes avec le zen :

 

Image de prévisualisation YouTube

Comment  appeler  cette  chose à quoi rien n'a  jamais   manqué ?  Dire que cela est une chose, c'est  manquer  la  cible ! 

Le Zen est une pratique qui implique l’engagement de la totalité de l’Être, sinon cela risque de ne rester qu’une activité stérile. Elle nécessite de la volonté, mais aussi de la franchise envers soi-même. Aurons-nous le courage de nous voir tels que nous sommes ? Aurons-nous la force de persévérer malgré les difficultés rencontrées ? 

La posture assise est un moment important de la pratique, mais n’est qu’un moment privilégié. Elle permet de s’exercer au lâcher-prise des pensées, des images, des sensations, des sentiments, des projections sur le futur, des buts, des masques portés pour jouer les divers personnages de notre existence.

Par lâcher-prise, il ne faut pas entendre annihilation, effacement ou négation de tout cela, mais simplement la non-retenue de ce qui se présente, la non-fixation sur les divers objets de l’expérience, le non-blocage de l’énergie vitale, la possibilité laissée à l’Être de se renouveler à chaque instant.

La continuité du lâcher-prise produit un décantation qui met à jour la vraie nature de l’Être en soi; elle dévoile le témoin derrière tous les masques, tous les comportements, toutes les situations. 

Mais au delà de la posture, la pratique doit élargir le lâcher-prise aux situations quotidiennes. Cela crée une distance face aux événements; cela induit aussi une capacité de souplesse, d’adaptation, de disponibilité et enfin d’attention aux autres. Le secret de cette ouverture, c’est la VIGILANCE.

Toutefois, cet élargissement ne doit pas être forcé. Il ne doit pas résulter d’un comportement adopté, de façade. Le transfert des bénéfices de la posture à la vie de tous les jours découle naturellement de l’expérience vécue pendant zazen. Il ne peut être réalisé par un acte volontaire qui serait, par là-même, factice. ÊTRE ZEN n’a aucun sens. ÊTRE DANS TOUTE SA VÉRITÉ est la seule réalité du Zen. 

   

Etre zen ? Quelle sottise !!!

Combien de fois faudra-t-il mener l’âne au puits pour qu’il boive à la source ?

 Huang-po s’adressa aux moines : « Vous prenez le grain du brasseur. Si vous continuez d’étudier le zen ainsi, jamais vous n’en finirez. Savez-vous que sur la terre des Tang il n’est aucun maître ? »

Un moine s’avança et dit : « Pourtant, il y a ceux qui instruisent les disciples et qui président les assemblées. Que faites-vous de ceux-là ? »

« Je n’ai pas dit qu’il n’y avait pas de zen », répondit Huang-po, « mais qu’il n’y avait pas de maîtres zen. »

Demande-moi ce qu’est le zen et tu ne connaîtras jamais ce qu’était ton visage avant ta naissance.

Cet idiot de Hui-ke a dû se trancher un bras pour apaiser son esprit ! Où est donc cet esprit quand toutes la parties sont tranchées ?!

cheshire cat

un chien a-t-il la nature de Bouddha ?


” All right ”, said the Cat ; and this time it vanished quite slowly; beginning with the end of the tail, and ending with the grin, which remained some time after the rest of it had gone.”Well! I’ve often seen a cat without a grin”, thought Alice; “but a grin without a cat ! It’s the most curious thing I ever saw in all my life!” 

« C’est bon », dit le Chat; et cette fois il disparut très lentement ; commençant par le bout de sa queue, et finissant par son sourire qui resta quelque temps après que le reste fut parti.« Ca alors ! J’ai souvent vu un chat sans un sourire », pensa Alice, « mais un sourire sans un chat ! C’est la chose la plus curieuse qu’il m’ait été donné de voir dans toute ma vie ! » 

  Alice’s Adventures in Wonderland – Lewis Carroll

  

le zen d’Uchiyama

esprit de l’enseignement :    

La méditation zen ou Zazen consiste en la pratique d’une assise silencieuse. Grâce à un lâcher-prise de chaque instant, les images mentales qui occultent la vraie nature de notre être s’évanouissent pour laisser place à l’essence même de la Réalité. Issu du bouddhisme chinois, puis japonais, Zazen n’a cependant pas pour objet d’apporter une philosophie, une religion, une morale ou une mystique. C’est un chemin d’éveil à la réalité fondamentale de chacun.  La méthode ici enseignée appartient au Zen Sôtô, l’une des deux principales branches du Zen, dans l’esprit de Maître Kôshô UCHIYAMA qui l’a épurée de tout superflu rituel ou religieux en insistant sur l’importance et la pratique correcte de la posture de méditation.    

modalités pratiques :    

La séance d’une durée de 1h30 ou de 2h30 est découpée en séquences de posture assise (zazen) et de marche méditative (kin-hin), et se termine par quelques minutes réservées à des questions-réponses. Il est impérativement demandé aux participants d’être ponctuels : en effet, ils ne pourront être admis après le début de la séance, afin de ne pas gêner les autres pratiquants. Toutefois, les personnes qui voudront s’absenter ou partir avant la fin, pourront le faire pendant l’intermède de marche.  

Important : pour une première visite, prendre rendez-vous en appelant le 06.71.74.91.86 du mardi au vendredi (si répondeur, laisser un message pour être recontacté). 

tenue : Un vêtement ample de teinte foncée et uniforme (suffisamment chaud pour l’hiver) ou le Kolomo traditionnel.

 

 

© Groupe de Méditation Zen de Marseille



Les utilitaires pour les ét... |
brigitteasselineau |
ADOPS28 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | sophrologierelaxationmillep...
| Au coeur de la fibromyalgie
| Koz ek moin