Archives pour la catégorie 8 – Causeries

Aoyama Roshi nonne bouddhiste

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JEU D’ETE

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Lecture d’été

 

 

Un petit livre agréable et écrit de façon moderne sur l’esprit du bouddhisme :

« N’est pas bouddhiste qui veut » de Dzongsar Jamyang Khyentse et Anne Benson

 http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&url=search-alias%3Daps&field-keywords=n%27est+pas+bouddhiste+qui+veut

Message de fin d’année 2009-2010

Depuis maintenant dix-huit ans, je passe plus de temps à décourager les nouveaux candidats à la pratique du zen qu’à les accueillir. Il y a effectivement beaucoup trop de fausses attentes et de fantasmes derrière le mot zen. Seul celui ou celle qui est réellement prêt à s’engager dans une recherche spirituelle sans concession aura la force de suivre cette discipline exigeante.

Traditionnellement, le candidat était abandonné trois jours à la porte du temple, à mendier son admission. Cela permettait de tester sa force de caractère et sa motivation. En ce qui me concerne, j’essaye dès le départ, et par téléphone, d’ôter les fausses illusions apparentes. Mais il en reste toujours. A plusieurs reprises des pratiquants, parfois anciens, sont venus me trouver pour me dire : « j’abandonne, car je constate que je n’arrive à rien». Cette déclaration démontre combien le mental est retors et puissant. Par l’illusion qu’il entretient, il nourrit le moi qui se renforce, sous prétexte de cheminement spirituel. Il n’est pas rare, ainsi,  de rencontrer des individus qui, à force d’accumulation de mérites spirituels ou qu’ils croient tels, prétendent détenir la Vérité. Mais, au bout du compte, c’est souvent la déception qui survient.

L’erreur première est de croire qu’il y a une acquisition possible, puis un aboutissement où l’on parvient à un état de sagesse et de béatitude. Or, tout ce qui se fige meurt. Si vous devenez rigides dans vos pensées, vos convictions, vos jugements, si vous êtes incapables de vous remettre en cause, de considérer vos opinions en perspective, vous êtes à côté du chemin. Or, comme vous êtes en réalité le chemin, vous vous retrouvez en dehors de vous-mêmes. Autrefois, par moquerie et pour stigmatiser les pratiquants qui adoptaient une immobilité de l’esprit en même temps qu’une immobilité de posture, on les appelait des « arbres morts » : le zendo devenait « la salle des arbres morts ».

L’immobilité posturale sert à se poser, à apaiser le désordre intérieur en l’observant, à rassembler l’énergie pour mieux la libérer. Toutefois, le lâcher-prise du zen n’est pas le non-agir des taoïstes ; c’est le déblocage des points qui empêchent une action fluide et adaptée aux circonstances. Le zen, c’est du « surf spirituel » : c’est apprendre à se tenir sur la vague de la vie et, aussi, accepter de prendre le risque d’être englouti par elle.

Déjouer les astuces du moi et de son serviteur, le mental, nécessite donc de la volonté, de la ténacité et de la perspicacité. Vous ne recevrez rien, mais vous serez ce que vous acceptez d’être, ce que vous avez le courage d’être.

Il est très difficile de modifier ses habitudes. Là, il s’agit carrément de les abandonner, de se défaire des vieux fonctionnements, des schémas appris – ce que j’appelle parfois vos « valises » qu’il faut déposer ; il s’agit d’accepter d’aller les bras ballants et les mains vides, comme le bodhisattva sur la place du marché dans l’allégorie du dressage du buffle.

Si vous avez des comptes à rendre, c’est principalement à vous-mêmes, car si vous mentez, vous en êtes les premières victimes. Vous êtes votre pire ennemi, votre propre obstacle. Vous détachez-vous de la réalité ? Vous éloignez-vous des autres ? Portez-vous des jugements critiques sans aucune compassion ? Vous enfermez-vous dans vos certitudes ? Ces signes doivent vous alerter : vous êtes en train de vous éloigner de la voie sur laquelle vous prétendez être. Si vous n’acceptez pas de vous regarder sans indulgence, de lâcher prise dans un expir, de vous ouvrir sans préjugés à ce qui est, vous faites fausse route.

Il est essentiel de vous alléger et de vous rendre de plus en plus transparent à vous-mêmes. Bien sûr, c’est ce qu’il y a de plus difficile. Le vertige de la liberté, de la vacuité, est tellement fort qu’il pousse souvent à l’abandon de la pratique. La solution proposée par le zen pour écarter cette frayeur du vide (ou appréhendé comme tel) est l’unification du corps et de l’esprit. C’est la justification même de l’insistance mise sur la posture qui devient le seul point d’appui tangible. Là, effectivement, l’esprit peut apprendre à se mouvoir sans ses références et ses repères habituels.

La vraie nature n’est pas à acquérir, puisque nous la portons déjà. Encore faut-il la révéler, comme un trésor caché dans une grotte. Certains prendront le temps d’enlever pierre après pierre, d’autres emploieront de la dynamite, d’autres encore appuieront sur un détonateur sans le faire exprès. Mais toute notion de durée reste un concept dont l’être n’a que faire et le pratiquant doit se souvenir que seul est réel l’ici et maintenant.

 Les textes classiques, les ouvrages divers, les kôans, les enseignements pourront vous aider, vous guider, vous encourager, vous stimuler, mais attention qu’ils ne deviennent pas eux-mêmes un piège : de simples jeux pour satisfaire encore et toujours le mental. Vous êtes à la fois, les pierres, la dynamite, le détonateur et le trésor caché.

Personne ne pratiquera et ne vivra jamais à votre place.

Mondo – 5

Des commentaires ont été donnés sur un site bouddhique http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article9518 sur les diverses idées reçues que je vais énumérer. Quels commentaires faites-vous ?

Bouddha est Dieu

La réponse trop célèbre du zen est de tuer le Bouddha si on le rencontre.

Cela devient une boutade facile !

En réalité, si tu rencontres le Bouddha, c’est lui qui t’a tué !

Le bouddhisme est nihiliste

Le mot japonais pour nirvâna est nehan… Voilà qui est amusant ! De là à en tirer des conclusions … !

Le bouddhisme, panacée de tous nos problèmes

Le zen a le goût du thé.., dit-on,…Aimez-vous le thé ?

Certains ne l’aiment pas !

Opposition Nirvana – Samsâra

Ton cœur s’ouvre-t-il au chant de l’oiseau ?

Réincarnation

Eh bien, voilà, ce n’est pas un enseignement du Bouddha … (sic)

Dalaï-Lama, Dieu vivant du Tibet

Le Dalaï-Lama n’est pas un dieu. Il est d’une part le chef temporel du Tibet – cette position a été acquise par le Vème Dalaï-Lama en 1642 -, d’autre part, il est considéré comme l’émanation du bodhisattva de la compassion. (re-sic)

C’est ce que dit ce site, n’est-ce pas ? Ca ne vous suffit pas ?

Au Japon, la compassion est une femme avec une robe blanche …on l’appelle Kannon ! » … (rires)

La méditation est un repli sur soi / La spiritualité est un refus de la vie

Dès qu’ils se jettent à l’eau, ils se noient en criant au secours !

Où voyez-vous un refus de la vie ?

Pratiquer, c’est méditer

Pratiquer, c’est être, et surtout ne rien appliquer … de factice sur la réalité.

Le bouddhisme est une religion / le bouddhisme est une philosophie

Avoir foi dans le bonheur, c’est bien, mais c’est déjà poser des critères, non … ?

Le karma, c’est la fatalité

Toute causalité emprisonne.

Les moines, les gens qui portent une robe sont les membres d’une secte

Vous avez visité l’Ecosse ? (rires)

Lama tibétain peut tout faire !

et sans serviteur … ? (rires)

Dans le bouddhisme, il n’y a pas de bien et de mal

Il n’y a pas d’à priori. Pourtant une intuition profonde éclaire sur la nature des choses.

Mondo – 4

Que penser de la réincarnation ? 

Le zen imposerait-il de penser quelque chose ? C’est l’inévitable piège de « Etre Zen » …

 Comme s’il y avait un modèle ! Le disciple du zen apprend à être libre pour reconsidérer toutes ses « croyances ». A-t-il besoin de croyances ? Le Bouddha n’a jamais discuté de métaphysique, même si ses successeurs l’ont fait, parfois …

Toute croyance, et même toute connaissance scientifique, s’inscrit dans un cadre culturel bien déterminé qui convient à une époque considérée ou à des types d’individus.

Quelle est votre vérité propre, celle que vous portez au fond de votre Etre ?

« Soyez Un avec votre Etre Originel et toutes vos questions recevront leur justes réponses ».

Mondo – 3

Les enfants peuvent-ils pratiquer cette méditation ? 

Le bouddhisme en tant que tel est accessible aux enfants. L’histoire de Sakyamuni a fait l’objet de nombreuses bandes dessinées. L’histoire du zen a également été racontée de cette manière.  

Mais, pour ce qui est de la pratique réelle, la réponse est négative. Catégoriquement !

En effet, la voie du zen demande un engagement d’adulte. Ce n’est pas un passe-temps ou un divertissement. Comme le disaient les Anciens, c’est une question de vie ou de mort ! Rien de moins !

Imaginez-vous le Maître dire à un enfant : « Ici, c’est comme entrer dans son propre cercueil ! »… Il faut rester sérieux, n’est-ce pas ?

Voyons ! Je ne tiens pas une garderie !

 

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La Posture

Q : Pourquoi le zen insiste-il autant sur la posture ? Cela semble différent dans d’autres écoles bouddhistes…

R : Oui, le zen, surtout dans sa forme sôtô, insiste sur la bonne posture de méditation. Beaucoup d’écoles bouddhistes se consacrent d’avantage à l’étude de la philosophie ; la méditation vient après ou en parallèle. Le zen est un voie rapide, sensée déclencher l’Eveil en une seule vie, contrairement aux autres branches qui s’inscrivent dans la durée des vies successives.

La posture est donc le fondement de cette voie expresse. L’esprit du zen peut s’exprimer, traditionnellement, debout, assis ou couché. Mais il faut être réellement expérimenté pour pratiquer correctement dans l’action (debout) ou pour ne pas sombrer dans l’inertie (couché). L’assise est un moyen terme qui, tout en maintenant une certaine tension active, permet l’arrêt momentané de facteurs potentiellement perturbants.

« Elle permet un rassemblement des énergies autour du hara, le centre vital, ainsi qu’une attitude alliant solidité et détente. »

La stabilité sans contraction ni relâchement est possible simplement en posant, dans la position du tailleur, les deux genoux au sol. Ce n’est pas toujours facile pour des occidentaux, mais avec de la patience et du temps, les chevilles, les hanches et les genoux s’assouplissent. Il n’est pas nécessaire de parvenir à la fameuse posture du lotus, ni même du demi-lotus. Cette posture de base est parfois appelée « posture birmane ». Le tout est de ne pas vouloir aller trop vite, de ne pas forcer, de ne pas se faire mal. Ce serait de la sottise! Volonté et patience sont nécessaires dans la pratique, même si l’idée d’un but ne doit pas l’initier.

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Au fond …

Q : Quel est le point fondamental ? Que dois-je retenir ?

- R : Il n’y a justement rien à retenir. Ce qui reste lorsqu’on a tout perdu, dans le zen, c’est la posture. Non une connaissance intellectuelle ou pseudo-spirituelle.

- Q : Il faut arrêter toute activité intellectuelle ? Ne plus penser ? Ne serait-ce pas la mort de l’esprit ?!

R : Justement l’intellect n’est pas l’esprit. Le mental n’est qu’un instrument. Indispensable, bien sûr, et qu’on ne doit pas abandonner. Mais il doit être considéré à sa juste mesure. Le mental est un élément anecdotique par rapport à la totalité de l’Etre. Seul l’Occident lui a donné cette place abusive. Cela influe d’ailleurs, malheureusement, sur les cultures qui laissaient autrefois plus de place à l’imaginaire, au(x) rêve(s), à la sensibilité et surtout à l’intuition. 

Votre question souligne bien un grand paradoxe: comment ne plus penser si l’on pense à ne plus penser ? Le zen appelle cela un kôan, une énigme impossible que seule la pratique méditative bien menée peut dépasser.

- Q : Cela va-t-il me donner une réponse à la question : »Qui suis-je » ?

- R : Cela est hors sujet. En premier lieu, soyez !



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