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Un disciple de Kôshô Uchiyama : Maître Okumura

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vous noterez trois principes importants à observer, trop souvent oubliés, mais qui  sont pourtant essentiels dans une juste pratique du zen :

- conserver l’esprit d’équanimité

- conserver l’esprit aimant

-conserver l’esprit joyeux

(Shoju Mahler souligne judicieusement que l’interprète a commis certaines erreurs, et que, notamment, le temps de méditation conseillé par Maître Okumura n’est pas de 15mn, mais de 50 mn). Je vous rapelle que je préconise généralement un minimum de 40 mn …

La pratique du zen, comme toute voie issue du bouddhisme, a une finalité bien spécifique, même si la méthode employée n’a pas pour objet l’acquisition ou le profit. D’une part, et par essence, c’est une voie de l’être et non de l’avoir  ; d’autre part, la nature  profonde de l’homme, appelée nature de Bouddha, lui est originelle et n’est donc pas à acquérir ; enfin cette nature, fondée sur l’impermanence, n’étant que vacuité, n’offre aucun objet à retenir.   La seule finalité reste donc celle d’une qualité d’être sans souffrance existentielle, sans souffrance morale qui serait causée par l’attachement à un avoir. La prise de conscience de cette cause de la souffrance recèle les moyens d’y échapper. La compréhension de l’inexistence d’un moi fixe, illusoire, qui n’est que la rencontre ou l’agrégation, le temps de la vie, d’éléments épars incite à renoncer à toute idée de possession sans limite. 

C’est d’abord, chez le pratiquant, une compréhension intellectuelle, mais celle-ci ne suffit pas. Il faut encore qu’elle soit intégrée, « digérée », par le corps et par l’inconscient pour devenir une réalité de vie. Le seul outil est le lâcher prise du sentiment d’un Moi individuel, et donc de l’idée de possession, de l’idée de division ou de séparation. 

L’éveil n’est que réveil à la réalité déjà présente, sans distance créée dans l’espace ou le temps. C’est la vision fraîche de l’unité du corps et de l’esprit, mais aussi de tous les êtres et de leur environnement.  Le lâcher-prise conduit à se libérer de l’idée de tout support permanent, de tout modèle préexistant, de tout cadre mental qui pourrait limiter les multiples aspects de l’existence. Vivre l’ici et maintenant, ce n’est pas rester confiné dans l’instant présent, c’est au contraire vivre dans tous les lieux et dans tous les temps ; c’est abolir l’illusion d’un ailleurs impossible, lequel est plus souvent source de frustration, de culpabilité ou de sentiment d’échec plutôt que de réconfort.  Pour le zen, la réalité ultime est révélée dans chaque acte ordinaire. Pour connaître cet éveil, il suffit de pénétrer sincèrement une seule pratique, sans avoir à se disperser. Cela ne dépend pas de la durée de la pratique, mais bien de l’intensité du lâcher prise  immédiat. 

Un des plus anciens textes zen déclare que la Grande Voie n’est pas difficile, car il suffit de ne pas choisir. On retrouve, là, la notion de non-discrimination mentale, de perception immédiate et d’action juste qui en découle. Encore faut-il que cette attitude soit spontanée et non le résultat de l’adoption de principes, d’une philosophie, de règles éthiques particulières, car ce serait retomber dans les pièges de l’intellect. La juste pratique ou, dit autrement, la pratique, quand elle est juste, devient inconsciente. Le lâcher prise issu de la pratique devient naturel. Celui qui se définirait autrement que comme homme ordinaire, par exemple comme un pratiquant du zen, serait instantanément hors de la voie qu’il prétend suivre. 

Le zen a toujours insisté sur la simultanéité de la pratique et de l’éveil. La pratique elle-même est éveil. C’est pourquoi, il n’y a rien à rechercher, sinon à ÊTRE totalement sincère dans sa démarche. Tant qu’il y aura de la demi-mesure dans le lâcher prise, il n’y aura pas de véritable zen. Une infime retenue dans ce domaine et vous serez à des années lumières de la vraie nature.  Le zen est le trou noir des auberges espagnoles : on y trouve autant que ce que l’on y abandonne ! Autant d’ÊTRE que ce l’on y abandonne d’AVOIR…., bien sûr ! 

Outre la sincérité profonde, la pratique du zen demande un courage persistant. La pratique dans le bouddhisme a souvent été décrite comme le retrait d’un tapis confortable et moelleux sous les pieds du pratiquant qui se retrouve, tout à coup, à marcher dans le vide. Et l’on sait combien le zen retire brutalement ce tapis et cause la frayeur de certains adeptes. 

Se trouver, en effet, totalement libre, sans repères, sans préjugés, sans certitudes, sans illusions, sans dogme et même sans éthique prédéfinie est une expérience vertigineuse. Tous ces domaines n’appartiennent effectivement qu’à l’univers mental et à ses constructions qu’il est demandé de lâcher totalement.  La grande question devient, notamment pour des occidentaux : quels sont les gardes-fous, les principes moraux, l’éthique de vie ? Le bouddhisme est-il un anarchisme moral où chacun est livré à lui-même ou se sent libre de faire ce que bon lui semble ?  En fait ces questions ne peuvent être posées que dans le cadre d’une réflexion intectuelle ou morale  ; elles restent dans le champ de la discrimination intellectuelle. 

Le discernement entre le bien et le mal, notamment – pour autant qu’il soit possible de prévoir à l’avance quelle action peut être bonne ou mauvaise dans ses effets, ce qui suppose déjà une immensité de sagesse pour démêler la complexité des interactions possibles et de leurs développements – est le résultat des choix effectués dans un cadre dualiste.   

Or, grâce au lâcher prise et à l’inexistence constatée du moi, l’action se fait dans l’unité, au-delà des notions de bien, de mal ou de neutralité : un acte fait dans la conscience naturelle et immédiate de l’unité, de la non-séparation des choses et des êtres, ne peut avoir pour objet de nuire à cette unité, à ces choses ou à ces êtres.

Le comportement éthique en accord avec l’ordre naturel devient spontané, sans besoin d’un apprentissage ou d’une acquisition particulière. Il se fait par empathie et exprime la compassion. Sans éveil simultané, la pratique d’une morale ne correspondrait qu’à se soumettre à des préceptes nécessitant beaucoup d’efforts, de la culpabilité et qui pourraient être abandonnés dès lors qu’ils n’apporteraient pas les fruits attendus ou seraient mis à mal par une réalité trop dure. 

Seule l’éthique naturelle surgie des fondements même l’être, survit aux obstacles, aux échecs ou aux souffrances. Mieux encore, la pratique juste dans le lâcher prise ne connaît pas les obstacles, les échecs ou la souffrance nés de l’ego et de son instrument mental ; le comportement moral établi sur ces bases reste solide, quel que soit l’environnement et les circonstances.   

shunryu suzuki à propos des sons

 

 quand le bruit n’est plus qu’un son, il n’est pas différent du méditant

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Comment  appeler  cette  chose à quoi rien n'a  jamais   manqué ?  Dire que cela est une chose, c'est  manquer  la  cible ! 

Le Zen est une pratique qui implique l’engagement de la totalité de l’Être, sinon cela risque de ne rester qu’une activité stérile. Elle nécessite de la volonté, mais aussi de la franchise envers soi-même. Aurons-nous le courage de nous voir tels que nous sommes ? Aurons-nous la force de persévérer malgré les difficultés rencontrées ? 

La posture assise est un moment important de la pratique, mais n’est qu’un moment privilégié. Elle permet de s’exercer au lâcher-prise des pensées, des images, des sensations, des sentiments, des projections sur le futur, des buts, des masques portés pour jouer les divers personnages de notre existence.

Par lâcher-prise, il ne faut pas entendre annihilation, effacement ou négation de tout cela, mais simplement la non-retenue de ce qui se présente, la non-fixation sur les divers objets de l’expérience, le non-blocage de l’énergie vitale, la possibilité laissée à l’Être de se renouveler à chaque instant.

La continuité du lâcher-prise produit un décantation qui met à jour la vraie nature de l’Être en soi; elle dévoile le témoin derrière tous les masques, tous les comportements, toutes les situations. 

Mais au delà de la posture, la pratique doit élargir le lâcher-prise aux situations quotidiennes. Cela crée une distance face aux événements; cela induit aussi une capacité de souplesse, d’adaptation, de disponibilité et enfin d’attention aux autres. Le secret de cette ouverture, c’est la VIGILANCE.

Toutefois, cet élargissement ne doit pas être forcé. Il ne doit pas résulter d’un comportement adopté, de façade. Le transfert des bénéfices de la posture à la vie de tous les jours découle naturellement de l’expérience vécue pendant zazen. Il ne peut être réalisé par un acte volontaire qui serait, par là-même, factice. ÊTRE ZEN n’a aucun sens. ÊTRE DANS TOUTE SA VÉRITÉ est la seule réalité du Zen. 

   

pour ceux qui ne disposeraient pas d’XP 

Le passage de la souris sur certaines photos laisse apparaître un petit texte. Mais il s’avère que cela ne fonctionne pas avec certains systèmes d’exploitation. Voici donc du rattrapage, pour ceux qui ne disposeraient des outils nécessaires (notamment XP)…

   Rubrique lignage : paroles de Maîtres   

Photo de Kôdô Sawaki :  » Si tu flanques à la porte tes illusions, tu es au centre même de zazen ! Le problème n’est pas d’avoir ou de ne pas avoir la nature de Bouddha. Quand tu fais zazen, ton corps entier est zazen. » 

Photo de Kôshô Uchiyama :  » S’éveiller est ici : laisser tomber somnolence et pensées concrètes pour faire la réalité zazen avec chair et os ! «  

Photo de François Viallet :  » Etre assis en immergence se manifeste partout.  Le principal est de porter à la clarté notre vraie nature. Je dois bâtir ma vie quotidienne, tout en la risquant à chaque instant. Il faut risquer sa peau ! «  

Photo de Maurice Suère :  » Zazen est sans fioriture. C’est de la biscotte sèche, sans beurre ni confiture ! « 

immergence – vacuité – action

Le terme de méditation pour désigner  zazen est une facilité de langage, mais n’est pas tout à fait juste. Uchiyama Roshi et son disciple occidental (et traducteur) François Viallet préféraient la notion d’immergence.

Car zazen pourrait être comparé au naufrage du petit moi, permettant ainsi l’émergence de la véritable nature. Ce ressourcement n’est pas conditionné par des artifices culturels, sociaux ou éducatifs. Dans sa vraie nature, l’être est nu. Il ne repose sur rien d’extérieur à lui-même. Son équilibre ne dépend pas de son environnement, êtres ou objets extérieurs. La vraie nature, toujours présente, n’apparaît cependant que lorsque l’être s’est vidé de ce qui ne lui appartient pas en propre : il révèle alors sa richesse profonde et innée.

Lorsque l’équilibre ne dépend pas de conditions extérieures, mais du fond de l’être même, l’énergie de vie, potentiellement présente, peut alors librement s’exprimer dans l’action. Les activités entreprises ne sont plus troublées par des événements contingents, car la racine même de l’action est profondément ancrée dans l’être qui n’est plus séparé des objets extérieurs.

Ce ne sont pas alors des activités aléatoires qui épanouissent l’être : c’est l’être épanoui dans sa vraie nature qui s’exprime par des activités diverses. Ainsi le vide n’est pas néant, mais vacuité qui ouvre toutes les portes à l’expression de l’énergie vitale.

Paroles : 

Les pensées se suivent sans cesse ; l’une est passée, l’autre passe, une autre arrive encore : elles s’enchaînent sans jamais s’arrêter, mais si un seul instant, cette chaîne se brise, votre corps absolu s’éloigne immédiatement de votre corps de chair et, dans la succession des instants ultérieurs, aucune pensée ne peut plus se fixer sur le moindre phénomène… La pensée qui d’instant en instant, ne s’arrête sur le moindre phénomène est libre de tout lien… Ne pas souiller les objets, voilà le sans pensée. Se détacher des objets dans sa propre pensée sans produire d’autres pensées sur les phénomènes, c’est, sans le moindre jugement, abolir la pensée.

Hui-neng (Enô), VIème Patriarche du Chan

Où trouverait-on de la poussière ?

 

Quoique dans l’éveil la pensée et ses objets apparaissent et disparaissent au sein de la quiétude, comme il s’agit là d’un domaine qui se suffit à lui-même, ils ne dérangent pas une apparence.

Dôgen, Ier Patriarche du Zen Sôtô

 

© Groupe de Méditation Zen de Marseille



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