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le bâton d’éveil

kyôsaku : l’utilisation du bâton d’éveil

Le maître zen contrôle les exercitants et corrige le zazen mal exécuté. Il porte un bâton de bois, plat à l’une des extrémités, le « kyôsaku », qui sert à la correction du zazen et avec lequel il donne, à l’occasion, un ou deux coups sur les muscles de la nuque, à droite et à gauche du cou. Ce n’est pas un châtiment ou une humiliation, mais un encouragement ou une libération. Les muscles atteints sont des endroits importants pour l’acupuncture, où une cinquantaine de nerfs se rencontrent.

Le mot « kyôsaku » est composé de « kyô » = attention, et « saku » = bâton. Le coup donné avec « le bâton destiné à réveiller l’attention » contribue à la concentration de l’exercitant : lors d’un accès de fatigue, d’une distraction, d’un mouvement de nervosité. Il est important que celui qui donne le coup et que celui qui le reçoit harmonisent leurs gestes ; tous deux doivent expirer pendant le coup ; naturellement, le visage de l’exercitant se détourne chaque fois de l’épaule frappée ; les muscles de cette épaule se tendent et le coup est plus efficace.

Le maître touche d’abord légèrement l’épaule de l’adepte. Celui-ci s’incline en faisant gasshô [NdW :* salutation inclinée vers l’avant, les mains étant élevées et jointes au niveau du front ] et penche sa tête, en premier à gauche, puis à droite, pour libérer les épaules. (Il est conseillé de ne porter aucun collier pendant le zazen, puisqu’il pourrait être brisé par le coup).

Après avoir reçu les coups, l’exercitant s’incline encore une fois ; il fait également la révérence et lève les mains jointes, lorsqu’il souhaite recevoir le kyôsaku. On ne doit manifester pareil désir, que si on en sent la nécessité : le kyôsaku est un traitement médicinal et non un passe-temps.

 

Extraits de « L’Appel au Zen » de F. A. VIALLET. (Inédit)

*Note du Blogmaster.

 

© Groupe de Méditation Zen de Marseille

la bonne posture

la position du corps

La juste position du corps est extrêmement importante pour l’accomplissement d’un exercice zazen doté de toute sa signification. Le haut du corps doit être tenu tout à fait droit, mais de telle sorte que le centre de gravité de qui est assis soit placé dans le bas-ventre (hara), sous le nombril. Il est important de rester naturellement dans cette attitude, et de ne faire naître aucune tension artificielle, aucune contracture musculaire. Il y a, de ce point de vue, de nombreuses attitudes défectueuses, qui enlèvent au zazen sa signification. L’une d’elle consiste dans une posture rigide qui courbe la colonne vertébrale en arrière, d’une manière qui n’est pas naturelle : la position des genoux est à l’origine de ce défaut, ou bien on s’est assis trop en arrière ; parfois, c’est le coussin qui n’est pas assez épais.

Il est un deuxième défaut, particulièrement courant chez les femmes, la courbure vers l’arrière de la partie basse de la colonne vertébrale est trop forte. Vue superficiellement, la position paraît correcte, cependant de cuisantes douleurs se font bientôt sentir, tandis qu’on ne ressent aucune sorte de malaise après l’exercice, lorsque la posture a été juste.

L’erreur la plus courante au cours de la posture est un dos penché en avant ; l’épine dorsale se courbe, le poids du corps est mal réparti puisque les genoux ont à en porter la majeure partie ; on a alors des douleurs dans les genoux et dans le dos, puisque les muscles lombaires fatiguent rapidement. Telle qu’on la décrit habituellement dans pareil cas, la posture zazen est insupportable. Le fait de se courber en avant est courant chez l’occidental précisément, comme conséquence de la tenue penchée en avant que nous avons au cours de nombreux travaux professionnels.

En résumé, on peut dire que le maintien du corps en zazen doit être comme celui d’un sapin ; il est nécessaire que la tête soit droite, le menton non pas tendu en avant, mais légèrement rentré ; un menton tendu en avant et dirigé vers le haut, position bien connue du “prenez garde”, exprime l’agressivité et s’oppose donc entièrement au zen. Le menton rentré, la tête ne doit pas pencher de côté, ni s’incliner en avant, mais être tenu très droite ; les épaules tombent naturellement ; le nez et le nombril doivent être sur la même verticale, comme dit Maître DÔGEN ; le bas-ventre est complètement détendu. Toute contracture musculaire et tout raidissement sont à éviter.

Pour conserver la juste posture et la juste respiration, il est nécessaire, au commencement de l’exercice, de s’assurer que le bas-ventre est entièrement dégagé de tout ce qui entraverait son mouvement.

Extraits de « L’Appel au Zen » de F. A. VIALLET. (Inédit)

 

© Groupe de Méditation Zen de Marseille

la pratique de l’assise

zazen : la pratique de l’assise

Mais voyons maintenant ce que signifie « la pratique de l’assise ». Il s’agit d’apprendre premièrement à se tenir correctement en position assise, deuxièmement à conserver cette position en tout lieu et à tout moment, et enfin à pratiquer l’assise comme exercitium.

S’il est assis correctement l’homme se tient droit et est « ancré » dans le Hara. L’assise correcte n’est pas liée à des positions bien déterminées et encore moins à la nécessité d’adopter la position du lotus, comme certains le pensent. Une seule chose est importante : les genoux doivent être situés plus bas que l’os iliaque. S’ils sont placés trop haut, la force du centre vital ne pourra pas pénétrer suffisamment dans le bassin. Oreille, épaule et os iliaque doivent être dans le prolongement les uns des autres, de façon à former une verticale. Etant donné que l’homme est en général très éloigné de cette position optimale, il est recommandé au débutant de chercher à l’atteindre en exagérant, c’est à dire en cambrant artificiellement la taille pour un moment. Il peut ainsi faire l’expérience de sa véritable hauteur, qu’il devra essayer de garder.

Il lui faut ensuite « se lâcher » un peu au niveau des reins, puis, pour rester dans la verticale, osciller légèrement de part et d’autre de cette dernière. Mais cela ne suffit pas encore pour qu’il soit bien centré. Pour placer correctement son centre de gravité, il devra élargir son bassin et lui donner du poids sans pour autant se relâcher et quitter la verticale. L’assise correcte, tout comme la station debout correcte, dépend de l’existence d’un centre de gravité bien situé et ce dernier est, là encore, situé dans le bas-ventre. Il s’agit donc de libérer le bas-ventre et d’y mettre un peu de force. Le haut du corps est alors allégé, c’est à dire que l’ on se sent plus léger et libre « en haut », mais en même temps on a l’impression agréable d’être plus lourd, plus large et plus enraciné au niveau du tronc et solidement ancré dans tout le bassin.

Les épaules doivent être détendues, les bras « se faire lourds » et, dans le bas-ventre, qui doit jouer librement, il faudra conserver une légère tension qui donnera à toute la région du tronc une certaine force et fera naître une chaleur croissante dans l’ensemble du corps. Plus nettement encore que dans la station debout, l’homme peut sentir comment, peu à peu, sa personne « croît », se développant à partir du centre « juste » qui le soutient et élimine les tensions, et comment il est mis et maintenu en « forme » à partir de ce centre, sans qu’intervienne la volonté. Il n’est pas fixé de façon rigide à ce centre, mais oscille légèrement et continuellement autour d’un point central mystérieux.

La verticale ainsi obtenue ne rappelle pas le bâton enfoncé dans le sol, mais plutôt le brin d’herbe qui vibre autour d’un axe secret alors qu’il n’y pas le moindre souffle d’air. Cette vie secrète que l’on peut sentir à tout moment en position assise constitue, dans la pratique de l’assise, un critère extrêmement précis. Pour s’exercer à la position juste, il est un moyen simple : osciller de part et d’autre de la verticale afin de s’aligner sur le centre « juste ».

(Extraits de « HARA. Centre Vital de l’Homme » de K.G. DÜRCKHEIM)

 

© Groupe de Méditation Zen de Marseille

la marche méditative

 kin-hin : la marche méditative

On ferme la main gauche et son pouce, avec lequel on presse sur la paume, cette dernière étant dirigée vers le bas ; la main, c’est à dire le poing maintenant, est placée sur l’estomac, de telle sorte que la racine du pouce soit en contact avec le corps. La main droite est placée sur la main gauche, en étant légèrement bombée ; elle enferme le dos de la main gauche (cette position porte le nom de Isshû). Les avant-bras forment une ligne horizontale. Oblique, le regard se dirige en avant, en direction du sol, à une distance de trois mètres environ. Les yeux ne doivent pas aller et venir.

On avance le pied droit d’un demi-pas. Lors de son mouvement de descente, le pied est en premier posé sur son bord extérieur, puis le poids du corps pèse sur la racine du gros orteil, et enfin, tout le pied se trouve sur le sol, comme ancré en lui. Les pensées se concentrent sur le gros orteil et sur le pouce gauche.

Pendant qu’on pose le pied, la jambe s’étire, puis le centre de gravité se déplace, le genou s’étend, le dos se raidit. Le menton reste toujours légèrement rentré, les épaules tombent naturellement. Il est nécessaire qu’on ait l’impression de pousser le plafond avec la tête.

On respire par le nez. L’inspiration a lieu pendant qu’on lève le pied. L’expiration, qui doit être beaucoup plus longue que l’inspiration, commence dès que le pied est abaissé. Alors, et ce n’est naturellement qu’une image, on pousse les muscles du ventre vers le bas, comme si on voulait comprimer l’air dans le bas-ventre (Hara).

Il y a un instant de détente à la suite de l’expiration complète, et on commence le même processus avec l’autre pied : lever, inspirer, baisser, expirer.

Du reste, ces règles respiratoires valent aussi bien pour le kin-hin que pour le zazen ; on poursuit tout le temps l’immergence. On ne doit pas traîner les pieds sur la natte, pendant le kin-hin. Si les pieds et les jambes venaient à s’engourdir pendant le zazen, avant le kin-hin, il serait bon de rétablir la circulation du sang par un massage très rapide et par quelques coups vigoureux, afin que le rythme de cet exercice ne soit pas interrompu. Un maître zen a dit : il est nécessaire que le kin-hin soit comme la marche d’un éléphant ou d’un canard , lente et réfléchie ; il déplace le centre de gravité dans le bas-ventre.

Un coup de cloche marque la fin du kin-hin. On fait alors une inclination profonde, en conservant la position des mains et des bras. Puis on pose immédiatement les mains à plat sur l’estomac, la main droite sur la main gauche (ce qui porte le nom de sasshû) ; après une rapide marche à la file indienne, on gagne sa place pour un nouvel exercice de zazen.

 

Extraits de « L’Appel au Zen » de F. A. VIALLET. (Inédit)

 

© Groupe de Méditation Zen de Marseille

conseils pour zazen

comment exercer zazen [1]

Le lieu d’exercice doit être situé dans un endroit aussi calme que possible; il ne doit être ni trop éclairé, ni trop sombre ; il doit être chaud en hiver et frais en été. Faites attention à tenir la pièce sans courant d’air ni fumée; tenez-la propre et nette. En d’autres termes, essayez d’y créer une atmosphère de paix, non soumise aux changements, un endroit  qui peut toujours être disponible à l’exercice du zazen (…) Ainsi créons-nous l’ambiance de notre exercice.

Le lieu du zazen mérite du respect. C’est pourquoi, nous saluons avec les mains jointes (gassho), lorsque nous y  entrons. Gardons toujours le climat de ce lieu qui nous rend possible l’exercice du zazen.

Comment s’asseoir ?

Posons un zaniku [2] devant un mur et mettons-y un zafu [3] 

Asseyez-vous sur le zafu et croisez les jambes. Posez le pied droit sur la cuisse gauche et vice versa. C’est là la posture du plein lotus.

Si vous ne pouvez pas croiser les jambes de telle manière, posez alors le pied  gauche sur la cuisse droite [ou inversement] : c’est alors le demi-lotus.

 sur le zafu, rien ...                          sous le zafu, pas de sol ... 

lotus plein                                            demi-lotus

Ne vous asseyez pas au milieu du zafu ; celui-ci doit rester libre en grande partie. Vos genoux reposent solidement sur la couverture. Le poids du tronc doit être en appui sur trois endroits : vos deux genoux sur le zaniku et votre postérieur sur le zafu.

Asseyez-vous droit et étirez le dos comme si vous vouliez enfoncer le postérieur dans le zafu. Tenez votre nuque droite et rentrez le menton. Fermez la bouche et pressez votre langue contre la partie dentopalatale. La langue doit combler tout espace vide de la bouche. Poussez votre tête comme si vous vouliez crever le plafond.

Vos oreilles doivent s’aligner sur vos épaules; votre nez doit être dans l’axe du nombril ; laissez vos yeux ouverts normalement ; regardez le mur, puis baissez quelque peu votre regard.

Lorsque vous êtes installé en posture zazen, ouvrez votre bouche et expirez profondément : par là, vous changez tout votre tonus.

Pour se défaire de la raideur des articulations et des muscles, balancez-vous lentement deux ou trois fois de gauche à droite. Seulement ensuite, prenez une posture immobile.

Dès à présent, respirez tranquillement par le nez. Il est important de respirer naturellement, de garder votre rythme habituel, que votre respiration soit rapide ou lente.

Expirez le plus naturellement à partir du tanden. [4]

En respirant profondément, ne faites pas de bruits. Voici les paroles de Maître Dôgen :

 » Mon Maître Tendo disait :

La respiration passe par le bas-ventre. N’essayez surtout pas de comprendre d’où elle vient. Vous ne devez pas chercher intentionnellement à obtenir une respiration rapide ou longue. Il en est de même lorsqu’elle quitte le bas-ventre : n’essayez pas de savoir où elle va. De toute façon, on ne peut pas dire si le rythme de la respiration est rapide ou lent. » (…)

La posture zazen, ci-dessus décrite, peut être considérée comme une découverte unique de l’Orient puisqu’elle est la plus efficace pour éloigner de nous nos pensées personnelles et humaines.

Cela peut être compris facilement si nous comparons la posture zazen avec celle du « Penseur » sculpté par Rodin. La dénomination de penseur est bien polie mais son attitude est celle d’un homme qui rêve de ses « illusions ». Le tronc est penché en avant ; les bras et les doigts sont pliés et les orteils mêmes sont recourbés.

Si nous nous tenons ainsi crispés, notre sang se fige, nous devenons prisonnier de notre imagination et nous ne pouvons nous sentir libre.

Au contraire, en zazen, tout en nous reste droit : le tronc, le dos, et la tête. Notre bas-ventre repose détendu sur les jambes bien croisées; de cette manière, le sang décongestionne le cerveau et circule librement vers le bas-ventre. A cause de ce dégagement de la tête, aucun encombrement ne vient nous troubler, notre irritabilité diminue et il nous devient impossible de nous laisser aller à la fantaisie et à la rêverie. C’est pourquoi, il est très important d’avoir, en zazen, une attitude très correcte. Cela est décisif et tout le reste en dépend. (…)

Si votre posture zazen est correcte, alors le point de gravité de votre corps et de votre esprit tombera tout naturellement dans le tanden, surtout si votre respiration est bien régulière. Pour le reste vous devez respirer normalement.

Alignez-vous sur cette posture ! Mais ce n’est pas aussi simple en pratique. Si, quoique étant en posture zazen, vous continuez de penser, alors vous pensez et vous n’êtes pas en zazen ; ou bien, si, quoique étant en posture zazen, vous somnolez, alors vous dormez et vous n’êtes plus en zazen. Zazen n’est ni penser, ni dormir mais c’est tendre vers un zazen vivant. Si vous somnolez pendant le zazen, votre énergie s’effrite et votre corps se tasse. Si, par contre, vous ne vous libérez pas de vos pensées, votre posture se raidit. Zazen signifie : éviter les extrêmes ; il ne faut ni relâchement assoupi, ni crispation. En revanche, il doit contenir plénitude de vie et d’énergie. (…)

Notre force de vie ne doit être ni relâchée, ni trop tendue. Ce qui importe le plus, c’est qu’elle reste entièrement en état d’éveil. Zazen est l’aspect de la vie la plus condensée en plein éveil, dans sa forme la plus directe et la plus pure. Il est facile d’en parler mais il est très difficile d’y persister.

Une fois de plus, si nous sommes en zazen nous ne devons pas somnoler ou nous perdre dans nos pensées ; nous devons être totalement éveillés et tendre « avec chair et os », c’est à dire de toutes nos forces, à la juste posture.

Pourrons-nous l’atteindre jamais ?

Sommes-nous en droit de dire qu’il y a une accession ou un but final ?

Non ! Car en ceci, précisément ici, le zazen est unique. Bien qu’il nous soit nécessaire d’y tendre et de toutes nos forces, nous n’arrivons jamais au point final. Autrement dit l’homme qui est assis en zazen ne saura jamais s’il a atteint son but ou pas.

Celui qui pense : « Mon zazen est vraiment très bien » ou « Enfin, je viens de l’atteindre ! », celui-là se l’imagine seulement et précisément de ce fait, il dévie de sa réalité zazen.

Y a-t-il vraiment dans cette inaccessibilité une telle contradiction ? La plupart des gens pensent que, là où il y a une visée, il y a aussi un but final. Là où il n’y a pas de but, personne n’essaye de faire d’efforts. C’est la réaction habituelle, le comportement usuel de l’être humain de se fonder sur le calcul logique.

Ici pourtant, assis en zazen, vous devez vous dépouiller de tous les calculs auxquels vous êtes habitués dans votre commerce avec les autres.

« Zazen est le Soi-même qui bâtit le Soi-même dans le Soi-même. »

« Zazen fait le zazen. »

Extraits de « Réalité du Zen » de Maître Kôsho UCHIYAMA

 


[1] ZAZEN : méditation (zen) assise (za)

[2] ZANIKU : appelé aussi Zabuton, c’est une couverture d’un mètre carré environ, de coton surpiqué

[3] ZAFU : coussin rond et dur bourré de kapoc

[4] TANDEN : zone placée à environ trois centimètres au dessous du nombril

© Groupe de Méditation Zen de Marseille

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Maître Gudo Nishiyama



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